LES VRAIES ORIGINES DU KECAK
Personne ne sait exactement d'où vient cette danse mais beaucoup ont tendance à se mettre d'accord qu'elle viendrait du village de Bona à Gianyar et qu'au départ kecak était un son musical qui est par la suite devenu une mélodie pour la danse sacrée de Shayang exécutée lors de cérémonies pour faire partir la peste.
Mais laissez nous vous raconter la vraie origine du kecak bien plus tragique qu'on ne pourrait le penser et qu'on tient d'un danseur et sculpteur à renommée mondiale : Made Sija
Le Kecak tient ses racines du village de Bona. En 1930 les gens y étaient malades : ils vomissaient et avaient la diarrhée, les choses ont empiré quand ils se sont mis à vomir du sang et à avoir la fièvre. Beaucoup de personnes moururent. En une journée il pouvait y avoir jusqu'à 4 crémations voir plus.
Sans docteur et avec les temples et lieux sacrés fermés à donner toute aide les villageois pensèrent que faire du bruit serait la seule façon de chasser la peste.
Ils toquaient sur leur lit avant d'aller dormir pour contenir leur peur d'être malade à leur tour, pensant qu'ainsi la maladie se tiendrait éloignée d'eux en ce mois de sasih kelima. Les villageois sortaient donc de leur maison et tapaient sur tout ce qui pouvait faire du bruit : bois, bambous, seaux etc.
Sija qui raconte cette histoire a perdu sa soeur ainée de cette peste racontant que la peau des personnes touchées par cette maladie devenait noire et que peu ont été épargnés.
Aucune cérémonie religieuse ou offrande ne réussit à stopper cette épidémie.
Tous les temples étaient vides, personne ne pouvait y entrer car tout le monde avait perdu au moins un membre de sa famille ( à savoir que quand il y a un décès dans la famille d'un Balinais hindou celui ci n'a pas le droit d'entrer dans un temple durant plusieurs jours car considéré comme impure ) et des cérémonies pour les morts il ne pouvait y avoir tant ils étaient nombreux.
Les temples étaient abandonnés des prêtres mais la communauté tentait toujours de créer une cacophonie de résistance contre les démons de la maladie. Un soir un homme fut possédé par le rythme non le rythme d'un gong mais d'une voix humaine : celle de la chanson kecak, sa voix profonde s'élevant telle une tempête.
Depuis ce moment là la maladie recula jusqu'à disparaitre totalement du village. Ce fut ainsi le début du kecak.
A partir de ce jour les villageois de Bona croient que le début de cette danse en dehors de l'enceinte du temple dans la nuit noire sauva le village de la catastrophe, Depuis à chaque anniversaire du temple du village 150 personnes dansent le kecak en croyant qu'avec cette danse ils peuvent guérir les gens. Les habitants de Bona n'avaient pas de danse de legong pour eux c'était juste le kecak.
Bona n'a cependant plus de dance kecak il y en a à Kuta, Ubud, Sanur, Uluwatu. Dans le passé les tours opérateurs amenaient les touristes à Bona pour y voir cette danse mais ils demandaient toujours de la bière, nourriture et de plus en plus de commission ce que le village refusa. Les tours opérateurs décidèrent alors d'amener leurs clients à d'autres endroits. Depuis la danse kecak a été fusionnée avec des motifs et mythes qui n'ont jamais été présents à l'origine. Pour les villageois de Bona cette danse leur donne ce sentiment de fierté car elle vient de ce village. La troupe de danseurs Kecak de Bona ne se présente désormais que lors d'occasions spéciales et toujours avec la version originale.