L'histoire de l'apparition du christianisme à Bali

La plupart des Balinais, en particulier ceux des villages ruraux, supposent toujours que les Balinais sont des Hindous. Ceux des autres confessions doivent être des migrants d'autres îles. Cette perception est compréhensible si vous voyez à quel point l'identité ethnique balinaise et la religion hindoue sont étroitement liées pourtant il existe bien des Balinais chrétiens

La chrétienté est la troisième religion à bali après l'islam et est embrassé par environ 60 000 protestants et 30 000 catholiques. Le pourcentage de la population de chrétiens Balinais est de 1,66 % et 0,81 % de catholiques. La plus large concentration de protestants de Bali est au village de Blimbingsari tandis que la concentration de catholiques est au village de Palasari avec sa superbe église que nous faisons visiter à nos voyageurs lors de circuit passant par l'ouest de l'ile. Cependant la façon dont les Balinais ont accepté la chrétienté sur leur ile est pleine de tragédie et est une longue histoire.

L'INVITATION DU ROI DE BALI

A la librairie du Vatican, à Rome se trouve une lettre du roi de Klungkung, le leader de Bali au début du 17ème siècle. La lettre écrite sur une feuille de palme (lontar) était une invitation de celui ci aux prêtres Portuguais du centre catholique de Malacca de venir à Bali et elle fut écrite en 1635.

 

LES PRÊTRES VINRENT À BALI

Peu après cela le 11 mars 1635 2 prêtres de Malacca arrivèrent à Bali ils étaient le pasteur Manuel Carualho S.J et Azeuado S.J. Ce fut le début du contact des Balinais avec les missionnaires catholiques. Du moins l'invitation du roi de Klungkung fut la première à être enregistrée par l'histoire. Malheureusement il n'y a pas de traces de l'aboutissement de ces 2 missionnaires durant leur seéjour à Bali.  

 

LA CONSTRUCTION DE VILLAGE CHRÉTIEN À BALI

Le pasteur Simon Buis avait le désir de construire un village de style traditionnel. Pour cela il demanda au Bali Resident à Singaraja de lui donner une terre de fôret à l'ouest de Bali, sa demande fut rejetée malgré qu'il la renouvela plusieurs fois. Puis il fit une demande au conseil de rois et cette fois ci ce fut accepté. 200 hectares lui furent attribués pas loin de la forêt de Pangkung Sente. Cette nouvelle localisation  est maintenant appellée le village de Palasari qui étant une terre fertile attira beaucoup de gens pour s'y installer. Et le prochain but du pasteur Simon Buis était de construire une église et il allait de soi pour lui que des éléments Balinais devaient être présents dans l'architecture. Nous vous parlerons prochainement de cette magnifique église dans un nouveau article. 

 

CONVERSION RELIGIEUSE À BALI

La chrétienté a continué d'atteindre Bali jusqu'à ce que la conversion atteigne au moins 27 500 personnes. Plusieurs sources racontent que cette conversion de religion s'est divisée en 3 périodes. La première entre 1597 - 1928, la seconde 1929 - 1936 et la troisième 1937 - 1949.

La première période est plus préparatoire où un certain nombre de missionnaires vinrent étudier à Bali sous couverture de touristes quels que Drs H.W Medhurst, Dr W.R Baron, Van Hoevall. Des rechercheurs ont aussi été en étape de préparation tel que Van Der Tuuk qui fut envoyé en collaboration avec la société biblique Hollandaise. Un certain nombre de ces personnes ont étudié de nombreux anciens lontars. De tout cela il est ressorti que de nombreux Balinais étaient frustrés du système de castes de l'hindouisme  et des nombreuses cérémonies et obligations qui leur cause pauvreté. 

 

LE PREMIER BALINAIS QUI DEVINT CHRÉTIEN

Les 3 missionnaires Hollandais Van Eck, Van Vog, Van Der Vroom après plusieurs années d'efforts réussirent en 1873 à baptiser seulement un Balinais de l'est de Bali : qui changea de nom après son baptême et qui disparut. Cependant il n'était pas assez fort pour supporter le poids de l'osctracisme de sa famille et banjar et il tua De Vroom en 1881 avec la complicité de 3 personnes, ils furent tous les 4 exécutés pour ce meurtre. Certains chrétiens catholiques Balinais utilisent toujours leur nom de caste avec leur nom de baptême ils font ainsi des métaphores afin de respecter la culture de leurs ancêtres. Par exemple les penjors sont aussi utilisés pour célébrer des fêtes chrétiennes, c'est une tradition héritée de leurs ancêtres et qu'ils veulent poursuivre tout comme de servir des plats balinais, quant aux tenues pour assister aux offices chrétiennes les tenues traditionnelles balinaises sont portées.  Depuis cet incident l'Hollande a arrêté ses activités d'évengélisation. En plus de cela après un long débat les Hollandais ont aussi mis en oeuvre une politique culturelle et éducative connu sous le nom de baliseeing qui commença dans les années 1920 et qui rendit difficle aux évengélistes d'avoir un permis d'entrée pour Bali. Puis l'idée est venue de vendre des livres chrétiens dans les villages notamment au nord de Bali. Comme les Balinais ont eu plaisir de lire ces lessons religieuses, des milliers de livres ont été vendus. Au final 80 Balinais demandèrent à être baptisés.

 

 

Les chrétiens balinais ont également des devoirs sociaux similaires avec leurs homologues hindous. Au lieu d’être dirigés vers le banjar ou d’autres communautés religieuses concernées, les chrétiens balinais confient ces devoirs à leur église et à leur congrégation. Là où les hindous sont censés prendre soin de leurs puras, les chrétiens balinais font de même pour leurs églises. Christian Balinese est censé assister aux réunions des membres de la communauté hindou-balinaise. Après tout, ces concepts de devoirs interpersonnels au sein d'une communauté de foi traduisent bien le concept chrétien de koinonia-fraternité.

En bout de ligne, les chrétiens balinais s’identifient à la fois comme véritablement chrétiens et véritablement balinais. Nous ne sommes pas chrétiens en train de jouer pour être balinais. Nous ne sommes pas non plus une secte syncrétique combinant christianisme et hindouisme. Bien que n'étant pas identiques, nous sommes des chrétiens qui s'identifient à notre racine culturelle et le pratiquent: la culture balinaise.

Malheureusement, il y a ceux qui ne sont pas aussi tolérants. En raison de la nature intimement liée de l'identité balinaise et de la religion hindoue, certains interprètent ceux qui abandonnent la religion hindoue comme n'étant plus balinais. Pour eux, notre pratique de la culture balinaise semble être une pratique de copie de chat. Au mieux, nous sommes égarés dans notre tentative de préserver quelque chose qui n'est plus le nôtre. Au pire, nous sommes des imposteurs qui avons délibérément brouillé les identités hindoue et chrétienne afin de faire du prosélytisme.

La mondialisation a amené les idées réactionnaires à réagir rapidement face à l'afflux de cultures extérieures chez les Balinais. Il était urgent de défendre leur identité. Internet amplifie également leur voix d'intolérance. Des tentatives ont été faites pour imposer la distinction culturelle entre «vrais» balinais (c'est-à-dire hindous) et «faux». En réalité, ces tentatives rejettent la légitimité de notre identification à l'identité et à la culture balinaises. En bref, ils rejettent notre existence même comme invalide.

 

Certaines forces sociales et politiques tentent de renforcer les stéréotypes identitaires et, ce faisant, de réduire leur définition. En Indonésie, l'ancien gouverneur de Jakarta, Basuki Tjahaja 'Ahok' Purnama, a perdu une élection en grande partie à cause de sa chrétienté et de sa descendance chinoise dans un électorat à majorité musulmane javanaise. Aux États-Unis, Donald Trump a réduit l'identité américaine pour exclure les latinos et les musulmans.

Aucune communauté ne peut prétendre être une victime universelle. Nous sommes tous des auteurs et des victimes dans différentes parties du monde. Cependant, presque partout, les minorités et les personnes marginalisées sont toujours les victimes.

Pour être juste, les auteurs de ces actions ne le font pas par malveillance. Ils ont peur. Le monde toujours mondialisé les a amenés à se sentir menacés par leur fragile identité. Une première mauvaise rencontre pourrait conduire une personne ignorante à craindre et transformer cette peur en haine.

Pour briser ce cycle de peur et de haine, nous devons lutter contre le stéréotype si ancré dans notre esprit collectif. Nous ne devons pas comprendre tout le monde, et en fait la plupart des gens ne rentrent pas dans nos boîtes d'identité et de définitions. Tous les chrétiens ne sont pas occidentaux, tous les balinais ne sont pas hindous, tous les musulmans ne sont pas arabes, tous les blancs ne sont pas des suprémacistes blancs, tous les hommes ne sont pas des misogynes, etc. La paix sera atteinte lorsque nous comprendrons les gens comme qui ils sont, et non comme nous attendons d'eux.

Venant de cette petite communauté unique de chrétiens balinais, je trouve cette perspective: les stéréotypes ne sont pas toujours vrais. Ils existent pour une raison, principalement statistique, mais les valeurs aberrantes ne sont pas à négliger. Ils existent et leur existence doit être reconnue comme étant aussi valable que celle des autres.